Critiques/Reseñas

“Illusions perdues” au Théâtre de Belleville

publié dans La Galérie du Spectacle

 

“Mesdames, messieurs, nous vous prévenons que quatre coups de feu vont être tirés pendant le spectacle”.

L’annonce faite au même moment que l’habituel speech sur l’obligation d’éteindre les téléphones portables, jette une certaine ombre sur la légèreté du prélude. Jusque-là, nous étions en clé d’une “comédie décalée”. Sur fond de musique dansante et boule à facettes, une des comédiennes proposait du vin aux spectateurs qui rentraient dans la salle. Une autre s’engueulait avec le photographe officiel : « Il est interdit de prendre des photos pendant le spectacle”, répétait- elle.

Il faut arrêter les portables, s’il vous plaît!

Et quatre coups de feu vont être tirés pendant le spectacle.

Mais il y a aussi quatre coups de génie et ça on ne vous l’annonce pas! (sauf si vous lisez cette critique).

Le premier est la façon dont la musique est utilisée tout au long de la pièce. Au prélude, elle sert d’invitation à nous relâcher : c’est une fête parce que le théâtre est une fête pour ceux qui l’exercent. Du moins, c’est ce que nous croyons, nous spectateurs. Mais la distance semble grandir entre le théâtre « vu » par nous et celui qui est ressenti de l’intérieur par les comédiens. Ce décalage devient un des axes de la pièce et crée un désarroi qui vient s’installer dans le brillant épisode de la « chanson espagnole ». La production est une très très très très libre adaptation des Illusions Perdues de Balzac. Vers la fin de la pièce, la reprise en code karaoké de  » Diamonds in the Sky », qu’un jeune plein d’espoir enregistre pour postuler à une télé-réalité boucle l’action de la première scène : un acteur délaissé se procure un pistolet et nous parle de la dame qui a mis fin à sa carrière. Son but est de la butter.

On vous l’a déjà dit : quatre coups de feu vont être tirés.

 

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Le deuxième coup de génie est la maîtrise du langage corporel. Chaque déplacement sur scène et chaque geste correspond à une chorégraphie subtile dont les spectateurs saisissent la portée à fur et à mesure que l’action se déroule. Les changements de vitesse et même de direction dans chaque répétition des mouvements ( le mot « répétition » pour « action qui se répète » mais aussi dans le sens théâtral ) semblent parfaitement synchronisés, même quand il s’agit d’acteurs qui tombent par terre puis se relèvent, retombent et se relèvent avec une cadence surprenante, surtout si on tient compte que quelques uns parmi eux sont morts ou blessés. On profite pour vous le redire: quatre coups de feu vont être tirés.

Quatre coups de génie…

 

la suite dans La Galérie du Spectacle

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